HISTORIQUE

LA MAISON LE MINOR a été fondée en 1936 par Marie-Anne Le Minor

à Pont-l’Abbé,  dans le Pays Bigouden, en Bretagne.

C'est en constatant que les costumes étaient de moins en moins portés en pays Bigouden, que Marie-Anne Le Minor s’inquiéta du devenir de l’art si particulier de la broderie bretonne. Elle recruta un brodeur émérite afin d’en perpétuer la tradition et offrir des articles brodés à la vente. En Bretagne, la broderie était en effet alors souvent l’apanage des hommes qui allaient de village en village broder des vestes, gilets et costumes pour leurs commanditaires.   

Il faut se rappeler que les costumes brodés du Pays Bigouden étaient alors d’une richesse et raffinement extrême tant et si bien qu’ils furent représentés par de nombreux peintres notamment ceux de l’Ecole de Pont Aven tels que Paul Gauguin (1848-1903), Paul Sérusier (1864-1927), Emile Bernard (1868-1941)et Maurice Denis (1870-1943). Une génération successive d’artistes trouva son inspiration dans le Pays Bigouden tels que Mathurin Méheut (1882-1958), Lucien Simon (1861-1945), Jean-Julien Lemordant (1878-1968).  

Entourée d’une main-d’œuvre féminine abondante dans le Pays Bigouden, elle décida de créer des emplois dans un atelier d’habits de poupées. Bien vite elle employa 20 personnes, et la renommée rapidement grandissante des poupées LE MINOR la conduisit à l’Exposition Universelle de 1937 à Paris.

 

L’écrivain Colette (1873-1954) de l’Académie Goncourt dont elle devint une amie écrivit les catalogues pour la maison LE MINOR et dit de Marie-Anne qu’elle était devenue : « Le grand couturier des poupées de terroirs. »

Cette branche d’activité connut un grand succès et les poupées régionales aux costumes brodés commencèrent à voyager dans tous les coins de France, et bientôt du monde, avec bien des acquéreurs ou collectionneurs célèbres, à commencer par Colette, le Général Eisenhower, Caroline Kennedy, le prince Rainier de Monaco. Le Japon devint vite l’un des marchés les plus importants notamment auprès des maisons : Daimaru (Osaka), Fujita & Co Ltd (Tokyo), Mitsukoshi, Yamanaka Shoji, Sunray International Inc. (Kobe).

Durant la Seconde Guerre Mondiale, le celluloïd nécessaire à la fabrication du corps des poupées vint à manquer et la Maison LE MINOR entreprit une première reconversion en faveur de la broderie, patrimoine du Pays Bigouden, broderie à la main de linge de table, de tapis, de tissus d’ornements religieux, de sacs et de costumes folkloriques. Les premières productions de la Maison LE MINOR se composèrent ainsi de linge et costumes brodés, et de linge de maison imprimés.

En 1957, s’inspirant des vêtements des goémoniers du XIXème siècle, LE MINOR adapta le tissu de drap de laine a une nouvelle mode, celle du Kabig, et l’engouement des années 1970 pour ce vêtement fut l’un des articles phare de l’histoire de la société LE MINOR.

Parallèlement à ce nouvel essor, Marie-Anne Le Minor s’efforça de développer et d’actualiser un art populaire riche de tradition en faisant appel aux artistes de la région, elle fit naître un linge de table unique, imprime ou brodé à la main ou à la machine guidée-main (Cornely), mettant en valeur les dessins des artistes et des artisans.

Dès la fondation de l’entreprise, Marie-Anne n’eut de cesse de s’entourer d’artistes de grand renom. Ainsi Mathurin Méheut qu’elle rencontra alors qu’il peignait les pêcheurs et habitants du Finistère, créa pour elle le dessin de l’hermine LE MINOR qu’arborent toujours les boîtes, coffrets et emballages de nos articles.  

Certains motifs après plus de 80 ans demeurent intemporels et sont toujours édités par la maison LE MINOR, ainsi le célèbre motif de la nappe intitulée La Mer que Mathurin Méheut dessina est confectionné sans interruption depuis 1942. La vaisselle qui l’accompagnait et fut créée pour la Faïencerie Henriot dont il était le directeur artistique et peut encore être admirée au Musée de la Faïence de Quimper. Méheut quoique originaire de Lamballe résidait  principalement à Paris lorsqu’il n’était pas en voyage et connaissait grand nombre d’artistes qu’il présenta à Marie-Anne lors de ses séjours parisiens. C’est ainsi qu’elle avait fait la connaissance de l’écrivain Colette, avec laquelle elle noua une profonde amitié.

Service La Mer de Mathurin Méheut

Colette fut admirative de l’énergie créatrice de Marie-Anne Le Minor et de son dynamisme sans bornes et de son incroyable esprit d’entreprise. Pour des raisons de santé, Colette ne put produire le livre que Marie-Anne lui avait commandé sur l’art de la broderie mais, en revanche, elle rédigea avec sa verve familière un superbe catalogue des poupées LE MINOR aux superbes costumes brodés.

 

Les poupées LE MINOR connurent un tel succès qu’elles étaient même vendues aux Magasin Blancs à Paris et à l’aéroport d’Orly. Dans les années 60, la compagnie aérienne Air France les offrait même aux passagers de première classe.

Colette à sa table de travail au Palais Royal

Quant au livre intitulé Broderies de Bretagne, il fut édité par les Editions Le Minor en 1946, illustré par Mathurin Méheut et son texte fut rédigé par l’écrivain Jean de la Varende (1887-1959). Il est né de la volonté de Marie-Anne Le Minor qui a collectionné des décennies durant des costumes bretons aux exquises broderies chamarrées.

D’une autre rencontre naquit un autre pan de production de la Maison LE MINOR: Alors que le moine artiste Dom Robert était en chemin pour se rendre à l’Abbaye de Landevennec, il rencontra Marie-Anne Le Minor qui admirait déjà beaucoup ses tapisseries éditées par la Manufacture d’Aubusson. Elle lui demanda s’il l’autorisait à les faire broder à Pont-L’Abbé, une offre qu’il déclina gentiment.  Cette réponse ne satisfit pas Marie-Anne qui décida de demander à l’un des ses brodeurs de travailler à partir d’une carte postale d’une œuvre de Dom Robert.

Elle envoya à l’artiste l’ouvrage achevé. Ce dernier, ému par sa détermination et plus encore par le résultat qui donnait à son carton tant de relief et de force, autorisa finalement la maison LE MINOR à éditer des versions brodées de tous ses cartons.  Ses tapisseries brodées sont toujours créées sur place dans nos ateliers de Pont-L’Abbé.

Les tapisseries et le linge de maison brodé et imprimé commencèrent à devenir une référence patrimoniale en Bretagne. Pour bien des amateurs d'art et de culture, une visite chez Le Minor est un rendez-vous sacré lors des vacances c'était le cas pour Georges et Claude Pompidou par exemple qui, en voisins, devinrent de fidèles amateurs et clients.

Pierre Toulhoat (1923-2014), artiste breton immensément talentueux, créa lui aussi pour LE MINOR un grand nombre de cartons, pour des tapisseries brodées et une pléiade de dessins et d’esquisses pour du linge de maison imprimé et brodé ainsi qu’une collection de bijoux d’or et d’argent inspirés des terres et légendes bretonnes.

Ainsi, au fil des décennies, la Maison LE MINOR enrichit son fonds de quantités de dessins préparatoires au crayon, de gouaches, de poncifs de tous formats.

Les fils de Marie-Anne , Jacques et Jean Le Minor, suivis ensuite de son petit-fils Gildas  poursuivirent sans relâche et avec autant de talent que de créativité l’œuvre de leur grand-mère mettant l’accent sur le savoir-faire exceptionnel et la tradition de qualité et d’accueil qui ont toujours fait la réputation de la Maison LE MINOR. Jacques et Jean ont développé les tapisseries brodées et Gildas les bannières d’églises et de pardons.

De ces œuvres dérivent encore bien des créations LE MINOR contemporaines qui leur confèrent leur caractère si distinctif, à la fois profondément bigouden et breton mais à l’attrait indémodable et universel. La tradition artistique de LE MINOR perdure aujourd’hui et nous sommes fiers des fructueuses collaborations que nous développons avec de talentueux artistes contemporains de Bretagne et d’ailleurs.

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5 QUAI SAINT-LAURENT

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FRANCE

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